05.01
17:50

France : rassemblement pour réclamer "justice" pour Sarah Halimi

Le 19 décembre, la cour d'appel de Paris a déclaré Kobili Traoré pénalement irresponsable, estimant que ce consommateur de cannabis était alors en proie à une "bouffée délirante".

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées dimanche à Paris pour réclamer "justice pour Sarah" Halimi et exiger un procès pour son meurtrier présumé, déclaré pénalement irresponsable.

Le 19 décembre, la cour d'appel de Paris a déclaré Kobili Traoré, mis en examen pour le meurtre de cette sexagénaire juive en avril 2017, pénalement irresponsable, estimant que ce consommateur de cannabis était alors en proie à une "bouffée délirante".
 

Il ne pourra donc pas être jugé aux assises, selon la décision qui a provoqué la colère des parties civiles et de représentants de la communauté juive.

 

"Justice pour Sarah", ont scandé plusieurs centaines de manifestants réunis Place de la République, tandis que d'autres, venus en scooters et motos, faisaient retentir leurs klaxons. Autour du socle de la statue, une banderole proclamait :"Sarah tuée car juive". 

"J'ai une bouffée délirante aiguë contre la décision de la chambre d'accusation", pouvait-on lire sur une pancarte. "Crime non jugé, République en danger", proclamait une autre.

A la tribune, William Attal, le frère de Lucie Attal - aussi appelée Sarah Halimi - a dénoncé les "incohérences et les dysfonctionnements" à ses yeux de l'enquête menée depuis deux ans, jugeant que sa soeur avait été victime d'"un crime religieux antisémite".

Muriel Ouaknine Melki, l'avocate de M. Attal, a qualifié la décision du 19 décembre de "décision de la honte", réclamant un procès en cour d'assises.

L'écrivain Marek Halter, lui aussi présent, a mis en garde contre une décision qui pourrait "introduire une nouvelle jurisprudence".

Fin décembre, le grand rabbin de France Haïm Korsia, qui ne participait pas à ce rassemblement, avait rendu publique une lettre ouverte adressée à la ministre de la Justice Nicole Belloubet, s'indignant que le "suspect puisse échapper à la justice" et craignant que cette décision ne revienne à délivrer "un permis de tuer les Juifs".

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