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12:57

Nouvelles manifestations en Inde, le bilan grimpe à vingt morts

Ces nouvelles manifestations ont débuté ce samedi à Chennai, la capitale de l'Etat du Tamil Nadu et à Patna, dans l'Etat de Bihar. Des manifestants étaient également attendus en nombre à New Delhi, la capitale du pays.

Des milliers de personnes se sont rassemblées samedi dans plusieurs villes indiennes pour protester contre la nouvelle loi sur la citoyenneté jugée discriminatoire à l'égard des musulmans, et qui provoque une inquiétude grandissante dans le pays et des troubles qui ont fait vingt morts depuis le début des manifestations il y a dix jours. Adoptée le 11 décembre par le parlement indien, cette loi facilite l'obtention de la citoyenneté indienne par les réfugiés d'Afghanistan, du Bangladesh et du Pakistan, à l'exception des musulmans.

Les rassemblements de ce samedi interviennent au lendemain de manifestations qui ont dégénéré vendredi dans l'Etat de l'Uttar Pradesh dans le nord du pays, tuant onze personnes, dont un enfant de 8 ans, piétiné lors d'une bousculade dans la ville sainte hindoue de Varanasi, dans le même Etat, a indiqué le chef de la police du district, Prabhakar Chaudhary.

Dix personnes tuées par balles

L'Uttar Pradesh est avec quelque 200 millions d'habitants - dont 20% de musulmans - le plus peuplé des Etats de l'Inde. Dix personnes y ont été tuées par balles vendredi, a annoncé samedi le porte-parole de la police de l'Etat d'Uttar Pradesh, Shirish Chandra. Onze des vingt victimes enregistrées depuis le début de la vague de contestation ont été tuées en Uttar Pradesh.

« Quand la police a tenté de réprimer les protestations, les gens ont commencé à courir pour se protéger et une bousculade s'en est suivie, où l'enfant a péri », a expliqué à l'AFP un responsable local de la police, Prabakar Chaudhary, à propos de l'incident survenu à Varanasi. La police a « fait preuve d'une totale retenue face à des manifestants qui les attaquaient avec des jets de pierres », a-t-il assuré. L'opposition politique a dénoncé pour sa part une « répression brutale » des manifestants par le pouvoir nationaliste hindou.

La police a érigé des barrages samedi le long de l'avenue de Jantar Mantar, dans le centre de Delhi, devenue ces dernières années un haut lieu de la contestation. Les autorités s'efforcent de contenir le mécontentement par l'imposition de lois d'urgence, en bloquant les accès à internet ou en fermant des commerces ou restaurants dans les endroits les plus sensibles du pays. Mais la police a également fait usage de ses armes, de gaz lacrymogènes et chargé les manifestants à l'aide de matraques. Des centaines de personnes ont été interpellées.

Les opposants à la loi controversée assurent qu'ils ne baisseront pas les bras tant que la loi sur la citoyenneté n'aura pas été révoquée.

Vendredi soir dans le vieux quartier de Delhi, un journaliste de l'AFP a pu voir des manifestants, dont des enfants, être interpellés et frappés par la police. Les protestataires scandaient des slogans hostiles à Narendra Modi, le Premier ministre indien, jetant des pierres contre les forces de l'ordre. La plupart des personnes interpellées ont été relâchées, a annoncé la police samedi à l'AFP.

AFP

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