18.12.19
09:33

Destitution de Donald Trump : les Démocrates appelés à voter ce mercredi

Suite à près de trois mois d'enquête sur l'affaire ukrainienne, les démocrates, maîtres de la Chambre des représentants, votent mercredi la mise en accusation de Donald Trump mais il ne devrait pas être destitué grâce au solide soutien des républicains, majoritaires au Sénat.

Derrière la procédure en cours, deux grandes figures : Nancy Pelosi, démocrate à la tête de la Chambre des Représentants et Mitch McConnell républicain, qui dirige le Sénat. Les deux enceintes du Capitole s'apprêtent à vivre des moments antagonistes historiques pour incriminer ou disculper le 45e président des Etats-Unis. Même si les dés semblent déjà jetés, l'intensité s'annonce dramatique. Et le couple McConnell/Pelosi interprètera sous les projecteurs une partition évoquant un duel plutôt qu'un duo.

Mitch McConnell a d'ores et déjà promis de se coordonner « en tous points avec l'avocat de la Maison Blanche » quand s'ouvrira, probablement en janvier, le procès en destitution de M. Trump. Pour Mitch McConnell, « il y a peu d'enjeu » dans ce procès où il faudrait que 20 sénateurs républicains fassent défection pour condamner M. Trump, estime Jennifer Lawless, professeure de sciences politiques à l'Université de Virginie.

Pour Nancy Pelosi, 79 ans, il en va autrement. La chef de la majorité démocrate à la Chambre des représentants était réticente à lancer une procédure de destitution qu'elle savait impopulaire auprès de l'opinion après la longue enquête sur l'ingérence de la Russie en 2016.

Mais elle a été convaincue que « les actes du président jusqu'à ce jour ont violé la Constitution » après la diffusion de la conversation entre Donald Trump et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky.

Mercredi, lors du vote qui devrait approuver la mise en accusation du président, elle sera jugée sur sa « capacité à convaincre une majorité écrasante » de démocrates élus dans des circonscriptions à tendance républicaine, selon Jennifer Lawless.

Retour sur les étapes de cette procédure :

  • Un entretien téléphonique : le 25 juillet, Donald Trump demande au nouveau président ukrainien Volodymyr Zelensky d'enquêter sur Joe Biden, un potentiel rival à la présidentielle de 2020, et son fils Hunter, lors d'un entretien téléphonique.
     
  • Ouverture d’une enquête : les démocrates à la Chambre basse ouvrent une enquête en destitution contre l'ex-magnat de l'immobilier le 24 septembre après avoir eu connaissance du contenu de la conversation par un lanceur d'alerte.
     
  • Des auditions publiques : en octobre et novembre, la commission d'enquête de la Chambre entend une dizaine de témoins lors d'auditions à huis clos puis publiques. La Maison Blanche refuse de collaborer et le chef de cabinet du président, Mick Mulvaney, ainsi que l'ex-conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, ne témoignent pas. Plusieurs témoignages indirects de diplomates ou de responsables de l'administration évoquent des pressions de M. Trump sur Kiev. L'ambassadeur américain pour l'Union européenne, Gordon Sondland, livre le témoignage le plus embarrassant : l'homme d'affaires nommé par M. Trump confirme un « donnant-donnant » : une invitation du président Zelensky à la Maison Blanche contre l'annonce d'ouverture d'enquêtes par l'Ukraine, selon les « ordres » de Donald Trump
     
  • Deux chefs d’accusation approuvés à la Chambre : La commission judiciaire de la Chambre approuve le 10 décembre deux chefs de mise en accusation contre Donald Trump.
    • Le président a commis un « abus de pouvoir » en demandant à un pays étranger d'enquêter sur un rival politique et mis en danger l'intégrité de l'élection de novembre 2020.
    • Le président a fait « entrave à la bonne marche du Congrès » en interdisant aux membres du gouvernement de témoigner.

C’est sur ces deux articles que la Chambre vote ce mercredi en session plénière. Malgré plusieurs défections attendues, les démocrates comptent une confortable majorité (233 sièges contre 197).

Et la suite ?

L’étape suivante sera menée par le Sénat au cours du mois de janvier. Les 100 sénateurs devront décider s’ils jugent le président coupable. S'ils sont moins de 67 à le penser, le scénario le plus probable, il sera acquitté et se relancera avec vigueur dans sa campagne de réélection.

Pas décidé à subir leurs choix, le leader de la minorité démocrate Chuck Schumer espère qu'une poignée d'élus républicains (les fameux 20 sénateurs) se joindront aux 47 voix démocrates pour fixer des « règles justes et honnêtes » à la majorité simple.

Avec leur soutien, il voudrait convoquer quatre conseillers du président qui n'ont pas encore témoigné. Jusqu'ici aucun élu républicain n'a semblé prêt à sortir du rang.

LN24 avec AFP

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