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Le mouvement antifasciste des Sardines manifeste ce samedi à Rome et réfléchit à son avenir

Les Sardines antifascistes manifestent samedi à Rome tout en s'interrogeant sur le devenir d'un mouvement qui veut « réveiller » la politique italienne, sans se transformer en un parti ni une organisation défendant une cause unique.

Le phénomène est né il y a un mois à Bologne quand une manifestation organisée par quatre inconnus a rassemblé par surprise 15.000 personnes pour dénoncer le discours « de haine et de division » de Matteo Salvini, ex-numéro deux du gouvernement et chef de la Ligue (extrême-droite). Depuis, des dizaines de manifestations, rythmée par le chant des résistants Bella Ciao, ont rassemblé au total 300.000 personnes, à Milan, Florence, Naples ou Palerme. 

« La première était contre Salvini puis c'est devenu une réaffirmation de la démocratie : nous sommes anti-fascistes, pour l'égalité, contre l'intolérance, contre l'homophobie », explique Mattia Santori, leader et porte-parole du mouvement.

Pour la manifestation de samedi à Rome, les organisateurs ont reçu plus de 100.000 adhésions sur Facebook, à tel point que la préfecture leur a proposé l'immense Place San Giovanni. Aux yeux de M. Santori, ce sera « un défi pour les citoyens » de Rome qui doivent montrer qu'ils ont eux aussi pris conscience des enjeux.

Mattia Santori, chercheur en économie et coach sportif bénévole dans des associations, et les autres cofondateurs, Andrea Garreffa, guide touristique de 34 ans, Roberto Morotti, ingénieur, 31 ans, veulent « redonner à la politique un pouvoir d'attraction » pour la rendre « cool », ont-ils expliqué devant la presse étrangère vendredi.

 

Des bancs dans toute l'Italie

A Rome, c’est est Stephen Ogongo, 45 ans, journaliste de profession, qui est le référent du mouvement. Il a créé la page Facebook des Sardines romaines, juste avant d'aller se coucher il y a 15 jours. « Le lendemain, il y avait 10.000 personnes qui voulaient en faire partie. Le surlendemain 20.000 », explique-t-il.

Comme les Sardines sont un mouvement spontané, M. Ogongo n'avance pas de chiffres sur l'affluence de samedi et pour lui, « l'important c'est de voir plein de gens descendre dans la rue pour dire nous sommes lassés de cette culture de la haine. Nous ne tolérons plus le langage raciste, fasciste, discriminatoire, sexiste ».

Selon lui, Salvini a « réussi à dédouaner les pires formes de racisme », au point que « certains en étaient fiers », et même les non racistes « s'étaient résignés ».

Perspective d'avenir

« Nous sommes au début, il y a un mois elles n'existaient pas ». L'essentiel, pour Stephen, c'est de « parler à la tête et pas à l'estomac des gens, de réveiller les consciences, d'amener la population à faire des choix responsables et les politiciens à changer de langage. »

Mattia Santori et la cohorte bolognaise veulent aller plus loin mais « en prenant leur temps ». Ils organisent une journée de réflexion avec 160 référents des Sardines dimanche.

S'ils se reconnaissent de gauche, ils se définissent comme « un corps intermédiaire » et ne veulent ni créer un parti ni se substituer aux associations existantes. De nombreuses Sardines militent pour le climat, contre la mafia, la précarité, le droit du sol pour les immigrés ou pour la diversité des genres.

L'idée est de « faire émerger une nouvelle énergie à travers une forme bien plus libre et spontanée » qu'un parti, en se dotant d'une organisation « qui ne sera pas hiérarchique » mais fixera de « grandes orientations », souligne Mattia.

Avec l'objectif de réconcilier les Italiens avec la politique et lutter contre un abstentionnisme croissant. Prochaine destination des Sardines: les petites villes et « territoires fragiles », susceptible de céder aux sirènes « des idées simplistes et du populisme ».

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