13.12
06:12

Brexit : Boris Johnson est le grand vainqueur des élections

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a remporté la majorité au Parlement britannique, son parti conservateur ayant franchi le seuil des 326 sièges gagnés sur les 650 de la Chambre des communes, selon les résultats officiels publiés vendredi.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a promis vendredi de réaliser le Brexit « à temps » le 31 janvier après sa victoire écrasante aux législatives, qui montre selon lui la « décision irréfutable, irrésistible et incontestable » des Britanniques de sortir de l'Union européenne. Après trois ans de désaccords sur le Brexit, « je vais mettre fin à ces absurdités et nous allons le réaliser à temps d'ici au 31 janvier », a déclaré le dirigeant conservateur devant ses partisans.

En raflant des circonscriptions ouvrières détenues depuis des décennies par les travaillistes, les tories ont les coudées franches pour mettre en oeuvre le Brexit, approuvé à 52% par les Britanniques en 2016 mais dans l'impasse.

Après dépouillement dans 647 circonscriptions sur 650, le parti de Boris Johnson avait raflé 362 sièges à la Chambre des communes contre 317 remportés en 2017. Principale formation d'opposition, les travaillistes s'effondrent à 203 sièges (contre 262), plaçant leur très à gauche chef de file Jeremy Corbyn sur un siège éjectable.

Ce « nouveau mandat fort (...) donne à ce nouveau gouvernement l'occasion de respecter la volonté démocratique du peuple britannique », a souligné Boris Johnson, également réélu dans la circonscription d'Uxbridge et South Ruislip, à l'ouest de Londres.

Echec pour Corbyn

Dans l'opposition, le Labour a chuté à 201 sièges , une claque pour le leader du parti, Jeremy Corbyn, 70 ans. « Très déçu », le leader travailliste désormais sur un siège éjectable, a annoncé qu'il ne « conduira pas le parti aux prochaines élections » et souhaitait voir son parti entamer une « réflexion sur le résultat du scrutin et sur sa future politique ». Maigre consolation, il a été élu pour la dixième fois, dans la circonscription londonienne d'Islington nord.

Chef de l'opposition le plus impopulaire jamais enregistré dans les sondages, Jeremy Corbyn a payé sa position ambiguë sur la sortie de l'UE, sur laquelle il a personnellement refusé de se prononcer. Il voulait renégocier un nouvel accord de divorce, plus social, puis le soumettre aux Britanniques avec comme alternative le maintien dans l'UE.

A Bruxelles, où les dirigeants européens sont réunis en sommet, la France a salué une « clarification ». Jusqu'à présent, Boris Johnson n'avait pas réussi à faire adopter par le Parlement l'accord de divorce qu'il avait négocié avec Bruxelles, faute de majorité à la Chambre des communes. Durant la campagne électorale, le dirigeant de 55 ans a promis de soumettre cet accord aux députés avant Noël avec l'objectif de mettre le Brexit en œuvre fin janvier. Prévu au départ le 29 mars dernier, il a été reporté trois fois.

Boris Johnson a bénéficié d'un coup de pouce du Parti du Brexit, emmené par l'europhobe Nigel Farage, qui devrait faire chou blanc après s'être retiré de nombreuses circonscriptions pour ne pas diviser le vote pro-Brexit. 

Quel rapport avec l'UE ?

Réaliser le Brexit doit permettre de tourner la page et de s'atteler aux « priorités » des Britanniques, comme la santé, la sécurité et les infrastructures, a affirmé le chef de gouvernement.

Mais Boris Johnson devra aussi préciser quel type de relation il veut nouer avec l'Union européenne. Dès le Royaume-Uni sorti de l'UE s'ouvriront de difficiles négociations sur ce sujet, censées être conclues d'ici à la fin 2020. Mission impossible vu la complexité du sujet, estiment bien des analystes. 

Les nouveaux députés siégeront dès mardi et Boris Johnson leur déclinera son programme législatif par le biais du traditionnel discours de la reine jeudi.

Pour les pro-UE, l'espoir d'empêcher le Brexit s'est évanoui avec la défaite du Labour et l'échec des libéraux-démocrates. Ces derniers avaient fait campagne pour stopper purement et simplement la sortie de l'UE mais n'ont pas réussi à mobiliser et leur cheffe, Jo Swinson, a même perdu dans la bataille le siège qu'elle détenait depuis près de douze ans en Ecosse.

A gauche, les nationalistes écossais du SNP ont bondi de 20 à 55 sièges, selon le sondage sorti des urnes. Ils comptent s'appuyer sur ce résultat pour demander un second référendum sur l'indépendance de l'Ecosse, majoritairement hostile au Brexit, bien que Boris Johnson soit fermement opposé à une telle consultation.

Source AFP

Partager cet article

Contenu sponsorisé

En lien avec l'article