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La grève des gardiens de prison se poursuit pour protester contre les coupes budgétaires

Les grévistes déplorent l’absence de concertation sur un ensemble de problématiques, dont la surpopulation carcérale, la pénurie persistante de personnel et le manque d’infrastructures adéquates.

Pendant la nuit, 37 agents de police ont dû être déployés au nord du pays et 58 en matinée. Le front commun syndical mène une grève de 24 heures depuis mercredi 22h00 pour protester contre les coupes budgétaires effectuées par le gouvernement Michel, occasionnant des problèmes d'effectifs et d'infrastructure.

Dix-neuf prisons affichent un taux de présence inférieur à 50%, dont Ittre (18,60%), Leuze (31,43%), Marche-en-Famenne (30,56%), Mons (11,76%) et Saint-Gilles (12,82%).

En Flandre, le mouvement est le plus suivi à la prison de Louvain Central (14,71%), à Hasselt (17,24%) et à Bruges (19,10%). Des militants de la CGSP ont installé des piquets de grève dans les prisons de Bruges, Hasselt, Turnhout et Audenarde. Les prisons wallonnes de Namur, Lantin et Arlon ont un taux de présence supérieur à 60%.

Depuis 10h30 jeudi, une centaine de militants du syndicat chrétien CSC mène une action devant le cabinet du ministre de la Justice Koen Geens (CD&V), situé boulevard de Waterloo à Bruxelles. 

La grève a été déclenchée par les syndicats chrétien (CSC/ACV) et socialiste (CGSP/ACOD), les deux plus importants au sein du personnel pénitentiaire. Le syndicat libéral SLFP/VSOA n’a pas suivi le mouvement, estimant que le timing, avec un gouvernement en affaires courantes et la formation d’un nouveau gouvernement fédéral, n’est “pas opportun”.

La grève doit prendre fin à 22h00 du côté néerlandophone tandis que l’action se terminera vendredi à 06h00 du matin du côté francophone, avec un maximum de 24 heures de grève par agent.

Les grévistes déplorent l’absence de concertation sur un ensemble de problématiques, dont la surpopulation carcérale. “Il y a actuellement 10.883 détenus dans les prisons pour 9.215 places”, affirme Frank Conings, de l’ACV.

Les syndicats dénoncent par ailleurs la pénurie persistante de personnel et le manque d’infrastructures adéquates. “Nous demandons depuis longtemps de rendre le job plus attrayant”, ajoute le syndicaliste. “La justice, rendue exsangue par les économies, n’a maintenant plus les moyens de se moderniser.”

Une délégation de l’ACV sera reçue vers midi par le ministre Geens à son cabinet. M. Conings n’attend toutefois pas grand-chose de cette discussion. “C’est un ministre en affaires courantes”, pointe-t-il. “Avec cette action, nous voulons envoyer un double message: à Koen Geens et au prochain gouvernement fédéral.”

À 14h00, les deux syndicats organisent une conférence de presse commune au siège de la CGSP à Bruxelles. 

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