07.12.19
07:47

La Maison Blanche ne coopérera pas à l'enquête en destitution contre Donald Trump

La procédure d'impeachment impactera l'actuel président américain dans la course à la Maison blanche pour 2020, mais aussi certains candidats à l'investiture démocrate.

La Maison Blanche a confirmé vendredi qu'elle n'entendait pas participer aux travaux de la Chambre des représentants en vue de la mise en accusation de Donald Trump, qualifiant le processus de simulacre. "Comme vous le savez, votre enquête sur la mise en accusation est absolument sans fondement", écrit l'avocat de la présidence, Pat Cipollone, dans un courrier adressé à Jerry Nadler, président de la commission judiciaire de la Chambre.

Le démocrate a parlé de déception ce vendredi soir suite à la communication de la Maison Blanche. Jerry Nadler avait convié Donald Trump à se défendre au Congrès: "Après l'avoir entendu se plaindre de la procédure de destitution, nous avions espéré qu'il puisse accepter notre invitation." 

"Il ne peut pas, après avoir repoussé cette opportunité, prétendre que la procédure est injuste", a insisté Jerry Nadler dans sa réponse.

La Maison Blanche, qui a refusé jusqu'ici de coopérer avec l'enquête des démocrates, avait jusqu'à vendredi soir pour dire si elle assisterait, par l'intermédiaire d'un avocat, à la rédaction des chefs d'accusation en commission judiciaire. 

De leur côté, les élus républicains de la Chambre ont transmis à Jerry Nadler la liste des témoins dont ils réclament l'audition. On trouve en particulier dans cette liste l'élu Adam Schiff, qui préside la commission du Renseignement, mais aussi Hunter Biden, fils cadet de Joe Biden.

Les démocrates ont annoncé jeudi que la Chambre des représentants, au sein de laquelle ils détiennent la majorité, allait se lancer dans la rédaction de l'acte d'accusation du président américain. Le chef d'entrave à la bonne marche du Congrès devrait notamment être retenu contre lui.

Un vote sera ensuite organisé sur cette mise en accusation. Il aura d'abord lieu en commission judiciaire, puis en séance plénière, vraisemblablement avant Noël. Mais le président américain devrait ensuite être acquitté au Sénat, contrôlé par les républicains.

Le président Trump ne sera pas le seul perturbé par la procédure en destitution lors de la course à la Maison blanche. Les chances de plusieurs candidats démocrates à la présidentielle seront aussi impactées.

Cinq des quinze candidats à l'investiture démocrate pour affronter le milliardaire républicain en novembre 2020 sont des sénateurs et ils devront, selon la Constitution, siéger au procès de Donald Trump qui devrait s'ouvrir en janvier. Bloqués à Washington, ils laisseront donc le champ libre à leurs rivaux dans l'Iowa et le New Hampshire. Il s’agit des deux premiers Etats à voter pour la primaire.

C'est "bizarre", a résumé le sénateur républicain John Cornyn pour résumer la situation de ses collègues démocrates, qui sont tous en faveur d'une destitution du président américain. L'élu estime que, parmi les favoris, Bernie Sanders et Elizabeth Warren seront "désavantagés" face à Joe Biden et Pete Buttigieg, qui vont continuer à sillonner l'Iowa avant le scrutin du 3 février, puis se rendre dans le New Hampshire qui votera huit jours plus tard.

La situation est encore plus délicate pour Amy Klobuchar, Cory Booker et Michael Bennet. Les trois candidats sont loin derrière et doivent impérativement faire vivre leur campagne pour tenter de rattraper les favoris à cette primaire.

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