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Une forme de chantage établie selon les démocrates, la Maison Blanche dénonce une « haine maladive »

Les auditions publiques dans le cadre de la procédure en destitution ont démarré au Congrès le 13 novembre dernier.

L'enquête en vue d'une destitution de Donald Trump a permis jusqu'ici de confirmer une forme de chantage exercée par le président américain sur l'Ukraine pour obtenir des enquêtes contre ses adversaires politiques, même si les républicains continuent de le défendre. C'est ce qu'ont établi les démocrates deux mois après le début de la procédure en destitution et après une semaine d'auditions publiques au Congrès.

Plusieurs témoignages semblent d'ailleurs confirmer que Donald Trump avait conditionné une rencontre avec Volodymyr Zelensky à la Maison Blanche à un engagement ukrainien à enquêter contre les démocrates. Il a imposé à ses diplomates de travailler avec son avocat personnel, Rudy Giuliani, dont c'était l'objectif affiché.

L'ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'Union européenne, Gordon Sondland, a affirmé sans détour qu'il y avait bien eu un tel "donnant-donnant", sous l'impulsion de Rudy Giuliani. Mais l'ordre d'imposer cet autre "donnant-donnant" venait-il du président?

Oui, ont répondu plusieurs acteurs, mais aucun d'entre eux n'en a été un témoin direct. La plupart affirment avoir entendu Gordon Sondland leur rapporter que Donald Trump avait lié l'aide aux enquêtes. Or, l'ambassadeur a lui déclaré sous serment que le président ne le lui avait "jamais dit directement". Pour autant, Gordon Sondland estime que c'était la seule explication logique du gel de cette aide pourtant jugée par tous indispensable. Il assure que le vice-président Mike Pence et le secrétaire d'Etat Mike Pompeo ne l'ont pas contredit lorsqu'il a évoqué avec eux sa "déduction logique" d'un lien aide-enquêtes. Et que même les dénégations de Donald Trump, qui lui a dit ne vouloir "aucun donnant-donnant", n'avaient pas ébranlé sa conviction.

Les démocrates estiment que ces témoignages permettent d'établir que le 45e président des Etats-Unis s'est rendu coupable d'abus de pouvoir, voire de corruption, des actes passibles de destitution. Ils pourraient aussi l'accuser d'entrave, la Maison Blanche ayant refusé de coopérer avec la procédure, et d'intimidation de témoins, pour avoir attaqué plusieurs diplomates alors même qu'ils étaient entendus au Congrès. Les démocrates devraient bientôt formaliser sa "mise en accusation", ou "impeachement", par la Chambre des représentants, où ils sont majoritaires.

La Maison Blanche a dénoncé ce jeudi la "haine maladive" des démocrates pour le président Trump, qui anime selon elle la procédure de destitution lancée contre le président américain. "Les démocrates sont clairement motivés par une haine maladive pour Donald Trump et par leur désir enragé de renverser l'élection (présidentielle) de 2016. Le peuple américain mérite mieux", a dit la porte-parole de l'exécutif américain, Stephanie Grisham.

Les républicains font actuellement toujours bloc derrière leur président. Pour sa défense, ils estiment qu'il n'a personnellement jamais lié l'aide aux enquêtes et qu'il était fondé à demander à l'Ukraine de lutter contre la corruption, quand bien même cela impliquerait un adversaire politique. Ils affirment aussi qu'aucun crime n'est constitué puisque l'aide a été débloquée sans que les enquêtes soient lancées. Ou, pour les plus embarrassés d'entre eux, que ce qu'a fait Donald Trump était certes "inapproprié", mais pas au point de lui valoir une destitution alors que le procès sera organisé au Sénat, où les républicains sont majoritaires. C'est cette chambre qui aura le dernier mot.

Pour rappel, le scandale est parti d'une conversation téléphonique du 25 juillet au cours de laquelle le milliardaire républicain demande "un service" à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, alors que ce dernier lui parle d'armements américains dont Kiev a besoin. Le président américain évoque la nécessité d'enquêter sur une prétendue ingérence ukrainienne dans les élections américaines de 2016 au profit des démocrates, selon une thèse relayée par des cercles trumpistes qui ne s'appuie sur aucun élément avéré; et d'enquêter aussi sur l'ancien vice-président Joe Biden, accusé sans preuve d'être intervenu pour protéger son fils Hunter d'investigations visant Burisma, groupe gazier local dont il était membre du conseil d'administration.

 

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