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Des protestations en Iran contre la hausse du prix de l'essence

Un policier a été tué par des "émeutiers" dans l'ouest du pays selon un média d'Etat iranien.

Des manifestations ont lieu en Iran depuis ce vendredi 15 novembre. La mobilisation est en cours depuis la décision d'augmenter le prix de l'essence dans le pays. Cette dernière a été prise par le Haut conseil de coordination économique composé du président du pays, du président du Parlement et du chef de l'autorité judiciaire. La hausse prévue est de 50% pour les 60 premiers litres achetés chaque mois, et de 300% pour les litres suivants.

Des heurts ont depuis éclaté dans plusieurs villes du pays. Quarante personnes ont été arrêtées à Yazd dans le centre, a-t-on appris ce dimanche.  Les personnes interpellées étaient des "perturbateurs", a indiqué le procureur de la province où se situe Yazd, Mohammad Hadadzadeh, ajoutant que la plupart d'entre eux n'étaient pas de la ville. Un policier a, quant à lui, été tué par des émeutiers dans l'ouest de l'Iran selon un média d'Etat. 

Hier samedi, une personne avait déjà perdu la vie à Sirjan dans le sud. Il s'agit d'un civil alors que d'autres manifestants ont été blessés au cours des protestations. Des conducteurs ont bloqué des routes et certains protestataires ont endommagé des stations-service et parfois tenté de mettre le feu à des dépôts d'essence. 

Le même jour à Téhéran, certains manifestants ont bloqué une route tandis qu'ailleurs dans la capitale, d'autres étaient rassemblés autour d'une voiture en flammes. Des scènes similaires se sont déroulées à Chiraz et d'Ispahan dans le centre du pays.  Le porte-parole de la police, Ahmad Nourian, a prévenu que les forces de sécurité "n'hésiteraient pas à faire face à ceux qui perturbent la paix et la sécurité, identifieraient les meneurs et les forces sur le terrain et les affronteraient".

"La nuit dernière et la nuit précédente, des problèmes ont été causés dans plusieurs villes du pays, certains ont perdu la vie et des infrastructures ont été endommagées", a déclaré l'ayatollah Khamenei, sans donner plus de détails sur le nombre des victimes. "Certaines personnes seront assurément contrariées par cette décision, mais endommager et mettre le feu à des biens n'est pas une réaction de personne normale mais de hooligan", a-t-il ajouté.

Le guide suprême a aussi indiqué que, depuis deux jours, certaines entités qui s'opposent au pouvoir actuel "se réjouissent", en référence à la dynastie Pahlavi, chassée du pouvoir en 1979 par la Révolution islamique, mais aussi au groupe d'opposition iranien, les Moudjahidines du peuple (MEK), que l'Iran considère comme une organisation "terroriste". "Ce que je demande, c'est que personne n'aide ces criminels", a encore dit l'ayatollah Khamenei, appelant la population à se désolidariser de ceux qui perturbent les manifestations.

Le guide suprême iranien a également soutenu la décision d'augmenter le prix de l'essence."Je ne suis pas un expert et il existe des opinions différentes, mais si les chefs des trois branches du pouvoir (exécutif, législatif, judiciaire, ndlr) prennent une décision, je la soutiens", a ajouté M. Khamenei, cité par la télévision d'Etat. Cette déclaration a engendré l'annulation d'une motion prévue par le Parlement qui visait à faire marche arrière, selon l'agence de presse Insa.

Les autorités iraniennes ont par ailleurs drastiquement réduit l'accès à internet depuis le début des manifestations, a observé dimanche Isna."L'accès à l'internet a été limité depuis hier soir et pour les prochaines 24 heures", a indiqué une source du ministère de l'Information et des télécommunications cité par l'agence.

Pour rappel, l'Iran fait face à une crise économique aggravée depuis le retrait unilatéral des Etats-Unis en 2018 de l'accord sur le nucléaire iranien de 2015, assorti du retour de lourdes sanctions qui privent le pays des retombées économiques qu'il espérait de ce pacte. Le rial a chuté, l'inflation a dépassé 40% et le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une baisse du PIB de 9,5% cette année avant une stagnation l'an prochain.

 

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