07.11
15:28

Une usine Total réquisitionnée et utilisée comme prison au Yémen

Un rapport réalisé par l'Observatoire des armements, Sum of Us, en collaboration avec les Amis de Terre révèle que les Emirats Arabes Unis ont réquisitionné une partie du site du géant français et en ont fait une prison.

C'est le journal Le Monde qui publie cette enquête sur le complexe industriel de Balhaf, situé le long du Golfe d'Aden. Suite au conflit yéménite qui a éclaté en 2014, le site opéré par le consortium Yemen LNG dont Total se trouve être le principal actionnaire a été mis à l'arrêt puis réquisitionné par les autorités des Emirats arabes unis. Transformé en prison secrète, il abrite une milice depuis 2016 les forces d'élite de Shabwa. Selon le rapport publié par l'Observatoire des armements, ce groupe armé et contrôlé par les Emirats arabes unis est accusé par Amnesty International d'actes de torture et de disparitions forcées. 

Total est l'un des principaux investisseurs privés au Yémen. Son site de Bahlaf regroupe une usine de liquéfaction de gaz, un pipeline et un terminal d'exportation de gaz naturel liquéfié et a bénéficié du soutien de l'État français pour son financement. Plusieurs banques françaises sont également impliquées - Crédit Agricole, Société Générale et BNP Paribas. Si Total et Yemen LNG ont tenté de rester neutre au cours du conflit, ils n'ont pu empêcher l'arrêt des activités début 2015 et la réquisition de leurs infrastructures. 

Total ne nie ni ne confirme l'existence de cette prison selon Le Monde, mais les témoignages rassemblés des organisations de défense des droits humains soulèvent de nombreuses quant aux informations dont le groupe et l'État français disposaient sur ce qui se passait au sein du complexe. 

 

 

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