26.10
13:10

Des marches pour et contre l'indépendance à Barcelone, après les violences

Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez appelle, de son côté, les pro et anti-indépendantistes au dialogue.

Barcelone doit être le théâtre samedi et dimanche de grandes manifestations pour et contre l'indépendance de la Catalogne, une semaine après les affrontements violents qui ont suivi la condamnation de dirigeants séparatistes pour avoir tenté de faire sécession d'Espagne.

Les indépendantistes doivent défiler samedi à partir de 17H00 près du parlement catalan à l'appel des deux grandes associations Assemblée nationale catalane et Omnium cultural, qui organisent régulièrement des manifestations massives.

Dimanche, les anti-indépendantistes parcourront un boulevard chic de la métropole catalane, le Paseo de Gracia, à l'appel de Societat civil catalana, qui avait provoqué de grands rassemblements dans la foulée de la tentative de sécession d'octobre 2017. 

Ce seront les premières grandes manifestations à Barcelone depuis les troubles qui ont fait au total quelque 600 blessés en Catalogne dans les jours qui ont suivi la condamnation de neuf leaders séparatistes à des peines de jusqu'à 13 ans de prison.

Au soir même de la sentence, lundi 14 octobre, quelque 10.000 personnes avaient tenté de paralyser l'aéroport de Barcelone, se heurtant à la police qui les a empêchés d'entrer.

Puis, du mardi au vendredi, les manifestations dans les principales villes de cette région de 7,5 millions d'habitants avaient dégénéré en violences.

Barricades en feu, jets de pavés, de billes d'acier et de cocktails molotov contre la police qui ripostait avec des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc ou en mousse : des scènes de combat de rue inédites pour un mouvement séparatiste qui s'était toujours voulu pacifique. 

Beaucoup de jeunes manifestants justifiaient la violence par le manque de résultats des grandes marches pacifiques.

Un total de 367 civils ont été blessés et quatre d'entre eux ont perdu un œil, selon le département de la Santé du gouvernement régional catalan, et 289 policiers ont été blessés, a indiqué vendredi la porte-parole du gouvernement espagnol.

La tension est retombée et samedi soir quelques milliers d'étudiants ont manifesté dans le calme à Barcelone contre "la répression policière", mais le mouvement indépendantiste entend continuer à mobiliser la rue.

"Ce samedi, le cri de ''Liberté'' résonnera dans les rues de Barcelone. Remplissons la rue Marina", a écrit Omnium sur son compte twitter.

Les Comités de défense de la république (CRD), plus radicaux, ont eux aussi convoqué leurs partisans dans la soirée, faisant craindre de nouveaux affrontements.

La marche anti-indépendantiste de dimanche entend au contraire "dire ça suffit à la violence que nous avons vécue et à la confrontation" cherchée par le gouvernement régional séparatiste, a déclaré à l'AFP le président de l'association Societat civil catalana, Fernando Sánchez Costa.

"C'est un message important pour la Catalogne, l'Espagne et le monde, où l'on confond souvent l'indépendantisme et la Catalogne", alors que "nous sommes la majorité", a-t-il souligné.

Des membres du gouvernement socialiste, dont le ministre des Affaires étrangères, le catalan Josep Borrell, prochain chef de la diplomatie européenne, se joindront à la marche.

Les élus de l'opposition de droite aussi, qui réclament au gouvernement des mesures exceptionnelles contre les violences en Catalogne, à l'approche des élections législatives du 10 novembre.

"Je crois que le gouvernement fait ce qu'il doit faire", a répondu vendredi le chef de l'exécutif Pedro Sánchez, dans une interview télévisée. "Il y a des groupes violents qui cherchent à faire de cette crise une crise permanente. Mais ils rencontreront une réponse sereine mais ferme".

Arrivé au pouvoir en juin 2018 en partie grâce aux votes des séparatistes catalans, Pedro Sanchez avait entamé avec eux un dialogue qui a vite tourné court. 

Il fait à présent la sourde oreille aux appels du président de la région Catalogne, l'indépendantiste Quim Torra, qui  demande un "dialogue sans condition", une façon d'exiger que le gouvernement accepte l'organisation d'une referendum d'autodétermination. Madrid considère que la Constitution ne le permet pas.

Pedro Sanchez invite au contraire Quim Torra à dialoguer avec les anti-indépendantistes.

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