21.10
15:23

Chili: 11 morts dans les émeutes, le président déclare le pays «en guerre»

Le bilan s'alourdit après une nouvelle nuit de manifestations et de violences.

Le Chili est "en guerre", a affirmé dimanche le président Sebastian Piñera, dont le pays est secoué depuis trois jours par des émeutes et des pillages qui ont fait sept morts, la pire explosion sociale depuis des décennies.
Pour la deuxième nuit consécutive, une mesure de couvre-feu a été décrétée à Santiago entre 19H00 et 06H00 locales (22H00-09H00 GMT). L'état d'urgence est également en vigueur dans plusieurs régions, dont celle de la capitale. Il a été étendu dimanche soir à plusieurs grandes villes du sud et du nord du pays.
«Nous sommes en guerre contre un ennemi puissant, implacable, qui ne respecte rien ni personne et qui est prêt à faire usage de la violence et de la délinquance sans aucune limite», a déclaré le président Piñera à la presse.
Le général Javier Iturriaga, chargé vendredi de la sécurité publique par le chef d l'Etat, a de son côté appelé les habitants à rester «calmes» et à ne pas sortir de chez eux. 

Les émeutes se sont poursuivies dimanche. Des affrontements ont eu lieu entre manifestants et policiers dans l'après-midi dans le centre de Santiago, tandis que des pillages se  déroulaient dans plusieurs endroits de la capitale. 5 personnes ont péri dans l'incendie d'une usine de vêtements en proie à des pillages. 

2 personnes étaient déjà mortes dans la nuit de samedi à dimanche dans l'incendie d'un supermarché également pillé par des manifestants dans le sud de la capitale et une troisième avait été blessée, le corps brûlé «à 75%», selon les autorités.
2 personnes ont également été blessées par balle et hospitalisées dans un état «grave» après un incident avec la police lors de pillages, également dans le sud de la capitale, selon la même source.

Près de 10.000 policiers et soldats ont été déployés. Les patrouilles de militaires dans les rues sont une première dans le pays depuis la fin de la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990).
Selon les autorités, 1.462 personnes ont été arrêtées, dont 644 dans la capitale et 848 dans le reste du pays.
Plusieurs centaines de vols ont été annulés à l'aéroport de Santiago pendant la durée du couvre-feu. Des milliers de voyageurs se sont retrouvés bloqués pour la nuit dans l'aérogare.

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