02.10
08:48

«Avenue Jamal Khashoggi»

L'avenue Franklin Roosevelt, à Bruxelles, où siège l'ambassade d'Arabie Saoudite, sera renommée, mercredi 2 octobre, «Avenue Jamal Khashoggi», en hommage au journaliste saoudien du même nom, exécuté en Turquie un an auparavant.

Bruxelles, 2 octobre 2019. Un an après l’exécution extrajudiciaire de Jamal Khashoggi, Amnesty International renommera l’avenue Franklin Roosevelt – où se situe l’ambassade d’Arabie Saoudite, à Bruxelles – « avenue Jamal Khashoggi », en hommage au journaliste saoudien. Des militants disposeront à cet effet des plaques de rue au nom de Jamal Khashoggi et des panneaux commémoratifs devant et à proximité de l’ambassade.« Tous les beaux discours sur le fait d’assumer la responsabilité de l’homicide de Jamal Khashoggi sonnent creux s’ils ne sont pas assortis de la libération immédiate et inconditionnelle des dizaines de personnes qui croupissent en prison et sont exposées au risque de torture et d’autres mauvais traitements, uniquement pour avoir exprimé leur opinion de manière pacifique », a déclaré Lynn Maalouf, directrice des recherches sur le Moyen-Orient à Amnesty International.

Amnesty International a recensé au moins 30 cas de prisonniers d’opinion qui purgent actuellement des peines comprises entre 5 et 30 ans de prison uniquement pour avoir exercé pacifiquement leurs droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique. Parmi eux figurent Mohammad al Qahtani, membre fondateur de l’Association saoudienne des droits civils et politiques (ACPRA), qui militait en faveur de la protection et de la promotion des droits humains et apportait une aide juridique aux familles de détenus, et Waleed Abu al Khair, un avocat qui représentait des défenseurs des droits humains avant d’être incarcéré. Mohammad al Qahtani et Waleed Abu al Khair ont comparu devant le tribunal antiterroriste, qui les a condamnés à 10 et 15 ans de prison respectivement en raison de leur travail pacifique en faveur des droits humains.

Jamal Khashoggi aurait été étranglé quelques instants après être entré dans l’enceinte du consulat d’Arabie Saoudite en Turquie, le 2 octobre 2018. Le rapport de l’ONU publié en juin 2019 par la rapporteuse spéciale des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, Agnès Callamard, a conclu que le journaliste a été victime d’«une exécution extrajudiciaire pour laquelle l’État d’Arabie Saoudite est responsable aux termes du droit relatif aux droits humains». L’Arabie Saoudite a refusé de coopérer avec Agnès Callamard lors de son enquête..

Des militants saoudiens à l’étranger lancent par ailleurs, avec le soutien d’Amnesty International, une série de podcasts intitulée "The Great Saudi Arabia", qui met l’accent sur différentes questions de droits humains prégnantes en Arabie saoudite. La première série retrace l’histoire de Jamal Khashoggi. Au cœur de cette initiative, la volonté des militants de montrer à chacun en Arabie saoudite et dans le monde en général que la répression si dure soit-elle ne les dissuadera pas d’exprimer leurs opinions, de raconter leur propre histoire et de poursuivre le combat en faveur de la libération d’autres défenseurs des droits humains qui paient le prix fort pour s’être exprimés.

 

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