09.08
12:30

Deux ou trois nouvelles de la planète verte

Zakia Khattabi a quitté Twitter, Groen veut négocier avec la N-VA. Même en vacances, les écologistes savent faire parler d'eux.
Politique

Chronique politique - Martin Buxant

 

On a beaucoup écrit, parlé, glosé, discuté sur le dos des verts, dernièrement.

Là, Jean-Marc Nollet est parti se ressourcer à la montagne, Zakia Khattabi est en vacances également – elle a déserté Twitter, nous y reviendrons plus loin.

En Flandre, les écologistes de Groen tendent la main au formateur Bart De Wever et se disent prêts à intégrer une coalition avec la N-VA.

C’est évidemment tout le contraire de leur pendant francophone, vous l’aurez déjà remarqué. Groen est actuellement traversé par des courants contraires : le 26 mai n’a pas été la victoire écrasante qui avait été promise aux verts flamands dans les sondages. Conséquence : un affaiblissement politique des figures de proue que sont Meryem Almaci et Kristof Calvo. Le sémillant Kristof Calvo, que certains pointaient comme potentiel premier Premier ministre issu des rangs verts, a disparu des radars depuis le scrutin de mai dernier. Envolé, ou presque, « De » Calvo.

Sa mésentente avec Almaci a joué un rôle dans les moindres performances de Groen, pointe-t-on ça et là.

C’est donc un troisième larron vert flamand, Björn Rzoska, qui tire désormais les marrons du feu. Moins connu que les deux autres, M. Rzoska est profilé davantage « flamand » - il est d’ailleurs parlementaire flamand. Avant de rejoindre Groen, il a été cabinettard pour le CD&V et c’est lui qui, aujourd’hui, plaide pour que Groen entre en discussion, voire en coalition, avec la N-VA.

Inutile d’écrire que dans le joli petit couple que forment Ecolo et Groen, ça la fout mal. Pensez-donc : Ecolo chante le refrain du « non à la N-VA » depuis des mois et l’automobile Ecolo/Groen éclate sur la question de la N-VA au premier virage.

Sur Ecolo, à présent

Soyons de bon compte et le plus juste possible. Condition sine qua non pour être crédible.

Nous n’avions pas hésité à balancer un #ZakiaOutai quand la coprésidente des verts jouait la chaise vide dans des débats électoraux mais là, il faut remettre quelques points sur les « i ».

C’est Khattabi et Jean-Marc Nollet qui ont conduit Ecolo à la victoire électorale, point barre. Il y a toujours eu cette propension chez Ecolo à démonter/scalper ceux dont la tête dépasse un peu trop.

Ça n’a pas changé.

Or la victoire est là et la kyrielle de mandats et postes de députés qui va avec, également.

Les postes, nous y voilà

On avait cru comprendre que chez Ecolo, c’était la politique autrement, la qualité avant la quantité, etc, etc.

Barbara Trachte, spécialiste de l’Enseignement à la Communauté française, est donc propulsée… à l’Economie en Région bruxelloise. Il doit y avoir une logique autre que les purs calculs politico-politiciens d’appareil mais, franchement, on ne l’a pas encore comprise.

Avis aux candidats pour nous expliquer.

Barbara Trachte eut sans doute été davantage utile à Ecolo en négociant sur les matières de l’Enseignement en Communauté française. Mais passons. Ou pas.

Un mot enfin sur Zakia Khattabi qui a choisi de quitter Twitter. Qui vit par le glaive périt par le glaive, dit-on parfois. Pareil avec Twitter.

Mais rien ne justifie le torrent d’insultes racistes et dénigrantes dont a été victime la coprésidente d’Ecolo. Les responsables de ce harcèlement doivent être retrouvés et punis. Et on encourage Mme Khattabi à déposer plainte.

Pour la forme, on précisera d’ailleurs que Zakia Khattabi n’a jamais déclaré qu’elle ne souhaitait pas se trouver dans la même pièce que la N-VA. Cette déclaration qui a déclenché le torrent d’insultes poussant la coprésidente à quitter Twitter n’existe pas. Elle a simplement rappelé qu’Ecolo ne souhaitait pas gouverner avec les nationalistes flamands, et on a monté une fable sur base d'une non déclaration. Quand on veut nuire à quelqu’un, on trouve toujours un bâton pour le frapper.

Le cas est à peu de chose près analogue avec Jean-Marc Nollet. Il est l’homme que les militants écolos adorent détester. On moque le fait qu’il ne trouve pas de partenaire bruxellois pour présenter un duo à la coprésidence, qu’il aurait essuyé plusieurs refus. Nollet est agaçant, certes. Mais il reste un animal politique hors-du-commun.

Et je n’en vois pas d’autres chez Ecolo actuellement. Mais je peux me tromper...